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journée d'étude sur le tourisme saharien

 

" JOURNEE D'ETUDE
SUR LE TOURISME SAHARIEN "
TOURISME SAHARIEN ET
PROBLEMATIQUE ENVIRONNEMENTALE
BISKRA, 26 mars 2006

Rachid SIDI BOUMEDINE EXPERT à l'UEP

 


1-Introduction 
En comparaison avec les autres domaines de l'activité, le secteur de l'environnement et celui du tourisme partagent le caractère de la transversalité : en effet, ils ont chacun, pour des raisons différentes, le souci de la préservation du cadre naturel et du patrimoine sous toutes ses formes.
Si le secteur de l'environnement a pour missions de protéger et sauvegarder les patrimoines, naturel, culturel (matériel et immatériel) et de veiller aussi au respect des cycles périodiques de la nature, le tourisme, lui, offre aux amateurs de dépaysement, des sites et des paysages préservés, car ils sont aussi à la base de l'attractivité de régions ou de pays et donc des possibilités de développement de l'activité touristique.
Néanmoins, et c'est ce qui les différencie dans la forme, le secteur (posé ici comme champ de compétence ministérielle) de l'environnement doit aussi veiller à ce que le tourisme, en tant que secteur d'activité n'engendre pas de perturbation du cadre qu'il donne à visiter, ou de celui où il implante ses propres structures d'accueil.
Nous retiendrons pourtant qu'ils ont intérêt tous les deux (ces deux secteurs) à cette préservation de l'environnement, entendu comme contexte naturel et culturel, pour permettre la durabilité de l'activité touristique.
Ceci est encore plus vrai pour le Sahara qui, malgré les dehors de dureté qui caractérisent sa plus grande partie, est un univers très sensible aux perturbations, car il est le siège d'équilibres délicats et fragiles entre les effets de la présence humaine, et les cycles naturels qui s'y déroulent.

2-Un Sahara ou des Saharas
Sans doute le Sahara dispose-t-il d'une image, devenue un cliché à force de répétition des mêmes représentations :si elle met en évidence la beauté de ses paysages et de ses villes, il n'en demeure pas moins qu'il en résulte un caractère réducteur qu'il faut effacer dans les esprits, ceux des candidats au voyage comme ceux des organisateurs de séjours ou de périples.

Nous aussi, nous devrons, bien que et peut-être même surtout parce que chacun de nous a tendance à se persuader qu'il connaît le Sahara ,ou, au moins ses principaux sites, revisiter nos certitudes parce que notre rôle, et notre objectif dans ces journées d'étude est de mieux appréhender les réalités qui font ,feront ou déferont le tourisme au SAHARA.

Vous remarquerez que j'ai utilisé l'expression " au Sahara " et non pas " Saharien " pour à marquer qu'il faut commencer sans doute par reconnaître l'extraordinaire diversité qui peut se cacher sous cette dénomination.

Même par son caractère anecdotique ,notre expérience concrète , en tant qu'algériens réfute un des clichés les plus reproduits, celui des dunes " dorées " selon la langue de bois classique ;nous savons tous par expérience que si le vent souffle du sud-est,nos véhicules à Alger seront un peu beiges, et que ,s'il souffle du sud-ouest, nos véhicules seront rouges :c'est dire que déjà, à cette échelle élémentaire de la perception, nous constatons ces différences dans un élément réduit par les mots à " dunes ".

C'est là, me semble-t-il, un premier volet à noter, celui de la diversité naturelle : il faut souligner l'extraordinaire différence entre les plateaux du Tassili, les monts du Hoggar où se trouve (on l'oublie trop facilement), le plus haut sommet d'Algérie, les différentes hamadas et les ergs.

De plus, le facteur décisif, qui a contribué depuis des milliers d'années, à donner leur configuration décisive à certains paysages, l'eau, est à la fois abondant et invisible et, dans le même temps, déterminant, car son mode de mobilisation imprimera chaque fois son cachet sur les pratiques et les organisations sociales locales et sur les formes d'expression du génie humain.

En effet, dans cette immensité, les palmeraies constituent des points particuliers et exceptionnels où se conjuguent plusieurs facteurs :la présence des terres fertiles (en général en bordure de dépression),une possibilité de capter des ressources durables en eau,et l'action des hommes qui ont d'abord choisi ces emplacements particuliers avant d'y créer ensuite cet univers complexe , l'oasis .

C'est donc là que se situe le second et plus remarquable volet, celui de la manière dont les populations du Sahara ont conjugué ces éléments, non seulement pour permettre le développement et la perpétuation de la vie humaine sur ces sites, mais aussi pour produire des villes étonnantes toutes différentes les unes des autres et pourtant si semblables.

3- Equilibre social et environnemental dans les établissements traditionnels

Il faut en effet se grader de sous-estimer les savoirs, et savoirs faire patiemment accumulés et constitués face à un environnement hostile et avare de ressources, et qui se manifestent dans le développement des techniques permettant d'utiliser au mieux l'eau, que sa disponibilité soit pérenne ou cyclique, comme dans le cas de la mobilisation des eaux d'inondation dans le M'zab ou la récupération des effets des crues dans le Hoggar et le Tassili.

Bien entendu, l'eau est le facteur premier qui décide de l'emplacement des établissements humains, durables ou éphémères, non seulement en fonction de la disponibilité - régulière ou saisonnière - de l'eau (et de la terre ou des pâturages) mais aussi en fonction des protections naturelles qu'ils offrent.

Dans les établissements sédentaires, cette recherche de la protection contre le vent et le soleil s'est étendu à la conception d'une architecture et d'un urbanisme où la solution technique s'élevant au rang de l'art, confère aux habitations et au tissu urbain une esthétique particulière.

Quelle que soit la variété des formes ou des architectures formelles - et qui donnent leurs cachets à des régions - ce sont toujours les mêmes principes directeurs qui sont mis en œuvre : et pourtant, qui osera dire que Timimoun et El Oued, Taghit et les cinq villes du M'zab sont semblables, alors même qu'elles résultent de l'application (adaptée) des mêmes principes de composition et d'organisation ?
Pour qui ne se convainc pas ,il faut rappeler le texte de Abul'Abbas (taqsîm el arâdhi) ,qui a procédé au relevé des règles pratiquées,date du 12ème siècle !

Examinons d'abord ces établissements sédentaires, leurs systèmes hydrauliques et leur urbanisme, avant de passer aux établissements éphémères, mobiles.

" Les Oasis

1-En raison du climat aride du Sahara, ce sont les réserves souterraines qui constituent principalement la base de formation des oasis.


La localisation des oasis tient à la conjonction de plusieurs facteurs :le niveau de la nappe et le mode de prélèvement de l'eau,la présence de terres alluviales cultivables ,la protection contre les vents et la chaleur.

La combinaison des deux derniers facteurs conduit le plus souvent au choix du bord de dépressions à la fois pour s'abriter des rigueurs des plateaux balayés par le vent, et parce qu'ils dominent les terrasses alluviales formées par les crues (dans les zones où elles sont possibles) dont il convient aussi de se protéger lorsque l'eau n'est pas ramenée gravitairement par des conduits (foggaras) si et quand elle est située plus haut que le site choisi pour l'implantation de la ville (ksar) .

Dans ce dernier cas, et l'exemple le plus remarquable par son étendue (sa généralisation), le nombre d'ouvrages (900), la longueur des tunnels (jusqu'à 14 kilomètres pour une foggara située à Timimoun), est celui qui se trouve au Touat, au Gourara et dans le Tidikelt.

Dans certaines oasis, c'est la combinaison de plusieurs solutions qui est adoptée, en fonction même de la forme de manifestation de la ressource (nappes souterraines et crues d'oued par exemple) : barrages réservoirs et barrages de dérivation (piémonts du haut Atlas, Atlas Saharien,...) combinés aux puits artésiens (M'zab), submersion (Saoura, Adrar des Iforas) combinée aux barrages (Goulimine), ou traction animale et puits à balancier (Fezzan).


Sauf dans les cas (puits à balancier par exemple) où la propriété de l'eau est individuelle parce que fruit de l'effort personnel, les ouvrages sont collectifs et la propriété de l'eau revient à leurs constructeurs : Il s'agit ensuite de la répartir selon des parts réglés par la géométrie (celles des " peignes " dit ksairiates dont la largeur de l'échancrure régule le débit) soit par des durées d'écoulement de la seguia commune qui dessert les parcelles.
Il faut ajouter que le mode de répartition, selon les besoins des personnes au M'zab (nombre de palmiers dont dispose chacun) ou selon les parts sociales (Touat, Gourara et Tidikelt) dans la propriété des ouvrages, nous nous trouverons en présence de sociétés plus ou moins égalitaires (ou, si l'on préfère, plus ou moins hiérarchisées).

L'épuisement progressif de la terre ou de l'eau sur le site de la palmeraie, entraîne le déplacement latéral, le long de la dépression des ouvrages et des parcelles cultivées, pour faire face à la baisse du niveau de l'eau et cultiver de nouvelles terrasses plus fertiles : parfois on recourt au puits, et,cas extrême, à la pompe .

2 - L'architecture des oasis n'est pas tant remarquable par le fait qu'elle utilise des matériaux locaux (argile ou pierre) laissés à l'état brut (Ouarzazate, Timimoun, Adrar) ou badigeonnés (M'zab, Djerba,...), ni qu'elle tire tout le profil possible du palmier.

Elle est, ce que fait apparaître un examen rapide, une leçon d'habitat bioclimatique par plusieurs aspects : l'adoption de murs épais qui par leur inertie thermique, stockent la chaleur diurne pour l'évacuer la nuit, la structuration des espaces pour permettre une circulation de l'air par convection (courant d'air plus frais le jour, évacuation de la chaleur accumulée la nuit) par le chebek qui domine le patio central (wast ad dar).

Même la tradition du sommeil sur la terrasse correspond à une réalité scientifique : les murets qui bordent les terrasses, forment avec elle une quasi parabole, ce qui oriente le rayonnement vers le ciel et y conduit de ce seul fait, à un abaissement de plusieurs degrés par rapport à la température ambiante et celle de l'habitation.

La largeur des rues et des ruelles, établie selon une hiérarchie stricte , est destinée à permettre le croisement d'animaux chargés (rue) ou non (passage privé = ruelle, impasse), la place centrale, les placettes, les accès, sont réglés à l'échelle humaine ; même les trajectoires brisées des passages et des rues, ménageant des passages couverts jouent un rôle dans la création d'ombres, d'obstacle au passage du vent, de création de zones fraîches, donnant ainsi au Ksar,comme totalité , les mêmes caractéristiques bioclimatiques que les habitations qui le composent.

En définitive, et sans vouloir l'opposer à une architecture moderne qui s'est donné à elle-même ses propres normes, elle est dimensionnée à l'échelle des hommes et de leur communauté, et réglée en fonction de hiérarchies continues des espaces qui vont du plus intime au plus public.


3. La palmeraie, dans sa conception et son fonctionnement contribue fondamentalement à cet écosystème oasien délicat.

Les travaux menés sur l'effet des étagements successifs depuis le niveau de l'eau, les terrasses cultivées jusqu'au faîte des palmiers en passant par celui du niveau des arbres fruitiers, confirme à la fois l'existence d'un micro climat local plus frais, et l'existence d'échanges par convection qui maintiennent des niveaux de température et d'humidité plus stables sous la voûte des palmiers.

Du point de vue biologique, le cycle des échanges entre hommes - plantes -animaux- terre maintient la présence de déchets organiques qui alimente à son tour la terre en composants utiles à sa fertilité.


" La vie nomade"

Si les lieux marqués par la présence régulière de l'eau ont permis le développement de savoirs faire et de techniques dont la science moderne vient confirmer le bien fondé, ceux qui n'ont la qualité de territoires que parce qu'ils sont balisés par une présence humaine, ont nécessité le recours à d'autres ressorts de la connaissance.

Nous sommes en effet dans la situation où la ressource est fluctuante, que ce soit l'eau (sous forme de pluie ou de crue) ou ce qu'elle engendre et entretient comme couvert végétal pour les hommes ou les animaux,dans des lieux déterminés.

Certes, les pasteurs (et les guerriers) recourent toujours, sous une forme ou sous une autre, aux ressources des oasis qu'ils détiennent, qu'ils contrôlent (dans le cadre du système tributaire caractéristique de nombre de sociétés sahariennes et sahéliennes) ou avec lesquelles ils entretiennent des relations d'échange.

Mais l'essentiel de leur vie - de leur survie comme l'ont montré les périodes de sécheresse - tient au renouvellement annuel de la ressource hydrique par les pluies et les crues qui en résultent et qui alimentent les nappes, et donc les puits.

Aussi, le territoire de vie - au sens de ce qui permet la vie - recouvre la dimension géographique des zones qu'alimentent des oueds, selon des dates et des cycles autonomes.

La vie dans ces immenses espaces suppose une double sinon une triple connaissance celles des lieux qui, à un moment déterminé de l'année contiennent eau et pâturage, celles des espaces végétales susceptibles d'être disponibles en lieu et temps, celle des cycles et des événements météorologiques (et qui échappent parfois à l'observation directe) qui déterminent les parcours annuels (au double sens d'itinéraire et de calendrier).

La nécessité, pour assurer la reproduction du bétail, de combiner des alimentations diversifiées et disponibles (pâturage salés, pâturages doux, graminées,...) oblige en effet à parcourir des espaces selon des calendriers et de tracer des stratégies de déplacement et de contrôle des territoires (réservation / appropriation de la ressource/des ressources).


Plus que cela , selon que le bétail soit rustique (chèvres, bovins) ou précieux (chameaux et surtout chamelles), le territoire contrôlé est subdivisé selon ses capacités de nourrir les uns et les autres, donnant lieu ainsi à des parcours réduits (caprins contrôlés par les femmes ou fonctionnant en troupeaux autonomes) et parcours longs réservés aux chameaux (aptes à parcourir des distances importantes vers les pâturages les plus sûrs et les plus précieux dans les zones de dépression les plus basses).

Par ces quelques remarques, nous voulons mettre l'accent plus sur le capital de connaissances,sur les territoires géographiques, certes mais surtout sur la nature, ses mécanismes de fonctionnement, ses composants, ses règles,en un mot, sur l'environnement.

La tentation est grande de considérer que le métier à réserver aux nomades est celui de guide en raison de leur connaissance de la géographie, et d'oublier de ce fait leur capital de connaissance de la faune, de la flore, et des modes de fonctionnement du désert.

 

4-Les menaces sur les écosystèmes sahariens


Les plus graves atteintes à cet univers saharien, qui se présente comme un univers dur et dangereux - il est mortel pour les imprudents, même prévenus- sont d'origine anthropique :les atteintes les plus importantes sont sans doute celles de l'excès ,dans le prélèvement de ressources, de l'occupation des sols,des rejets de différentes natures.

On peut y ajouter, simultanément, l'absence de respect des règles qui président au fonctionnement de la nature, mais aussi celles qui ont servi, durant des centaines d'années, à sauvegarder une région et des œuvres humaines remarquables, avec le risque d'aboutir, outre la perte d'une partie de son caractère (au moins dans les villes), à une désertification réelle et définitive du Sahara.

Une énumération partielle des questions porterait sur :

1-L'excès de prélèvement comme dans le cas de l'eau : considérée dans la pratique des utilisateurs comme quasi inépuisables , cette eau, pompée sans limite ,laisse apparaître clairement les conséquences graves de la remontée de la nappe,comme à El Oued et Ouargla,et aussi Aoulef.

2-L'excès dans l'utilisation sans précaution des sols, qui sont lessivés par les méthodes intensives et deviennent impropres la culture

3-L'excès dans les concentrations non réfléchies de population : elles contribuent aussi à cette fameuse surconsommation de l'eau mais aussi à l'étalement inconsidéré des espaces bâtis : l'étalement sur les plateaux non protégés, des constructions avec le recours au parpaing, l'extension correspondante de réseaux d'assainissement qui se superposent aux réseaux d'eau traditionnels et contaminent l'eau, sont toute une série facteurs aggravants.

4-Ils sont aggravants car ils retirent à la ville tout son caractère et son charme spécifique, augmentent de manière grave (et étendue) les différentes formes de la pollution, détériorent la qualité de vie des habitants.
Cela signifie que les règles d'urbanisme, vieilles (et écrites) depuis près de mille ans ne sont plus respectées et la compréhension du Sahara inexistante, ce qui conduit à un choix inconsidéré des architectures (copies de celles du Nord, qui a un climat méditerranéen), avec les effets négatifs que l'on sait.

5-les espaces réputés désertiques, surtout ceux qui exercent un attrait sur les touristes en raison des vestiges préhistoriques, ou de miraculeuses gueltas qui abritent parfois des poissons et évoquent la présence pas très lointaine de crocodiles du Nil (après tout les guépards sont toujours là !), n'échappent pas au piétinement et au pillage, tandis que les espaces humides n'échappent pas à la pollution.
Pire, la durée de vie des sachets en plastique et des métaux est encore plus lente au Sahara et les pollutions encore plus visibles dans la nudité et le dépouillement de ses espaces.

5-Des solutions simples et claires

Les solutions pour pouvoir développer un tourisme durable se nourrissent du respect pour les ressources rares et précieuses, pour les équilibres millénaires y compris, et peut-être surtout pour ceux qui ont été patiemment édifiés par les hommes : ce n'est pas être moderne et novateur de vouloir ou tenter de les remplacer par du nouveau, car la modernité repose sur la connaissance et la compréhension, pas sur un faux dépassement par le renouvellement.

Le tourisme au Sahara ne saurait être , comme cela a déjà été établi ,qu'un tourisme relativement élitiste ou, si l'on préfère , qui ne doit pas , en raison de ses dangers directs, être un tourisme de masse :il faut aussi bien éviter le déferlement et le piétinement que respecter le rythme et les modes de vie des habitants ;c'est donc un touriste formé ou, au moins , informé , qui doit être le visiteur-type.

1-Il convient d'abord de mettre fin aux excès de toutes natures qui détruisent implacablement ce gisement de vie : réduire et contrôler les prélèvements d'eau et en gérer les conséquences par un recyclage et une récupération de l'eau usée pour replanter encore et encore des palmeraies et des barrières vertes autour des villes te des ksours.

2-Il faut aussi sauvegarder sa faune et sa flore et lutter décisivement contre le prélèvement de " Souvenirs " qui détruisent de manière invisible, non mesurable, mais inéluctablement, la biodiversité ainsi que le traces culturelles du passé proche et lointain.

3-Contrairement aux présupposés de ceux qui voudraient faire croire que la " reproduction " ou la sauvegarde du patrimoine bâti traditionnel relève du pur romantisme, nous pouvons opposer , en plus des aspects esthétiques et fonctionnels évidents, le fait que des études en thermique du bâtiment menées en Algérie et à l'étranger, dans les années quatre vingt, montrent la valeur des constructions traditionnelles (en terre, en plâtre " timchent " ou en pierre) aussi bien en termes de confort (climatisation naturelle),que de coûts de production.

4-Faire reposer les prescriptions spécifiques pour la conception et l'élaboration des instruments d'urbanisme et les exigences architecturales à destination des ksours et villes du Sahara, sur la base des acquis de la science et des savoirs anciens :
- essaimage des extensions sous forme d'établissements le long des dépressions et non vers l'amont des espaces urbains existants 
- tenir compte que, de toutes façons, l'écoulement des eaux usées repose sur la gravitation :il convient donc de les recueillir et traiter pour les recycler ,pour économiser la ressource et pour éliminer le danger des remontées des eaux salines
- interdire formellement les constructions en hauteur (la hauteur de palmiers est un référence claire) et produire des règles de constructions et d'utilisation des matériaux qui respectent les formes, les couleurs, et les conditions climatiques locales (exposition, ouvertures, circulation de l'air, etc.)

5-La tentation, pour les promoteurs de circuits comme des établissement hôteliers, d'occuper ce qu'ils considèrent comme les meilleurs emplacements, est de nature à porter atteinte, comme cela se vérifie dans les pays voisins, aux sites eux-mêmes, si on ne prend pas de précautions en matière de localisation, de taille, de volume des ouvrages et infrastructures, et d'intégration paysagère.

Le secteur du tourisme doit donc contribuer à l'élaboration d'un cahier de charges, en collaboration avec les secteurs de l'environnement et de la culture, sinon même des secteurs techniques comme l'hydraulique et l'agriculture, et les résidents.

6- D'une manière générale, il faut élaborer un code de bonne conduite, une Charte sur laquelle s'engagent opérateurs, gestionnaires publics ou privés, et les visiteurs, pour la protection et la sauvegarde de toutes les petites et grandes choses qui font le Sahara et lui donnent sa diversité et sa magie, pour qu'il reste un réservoir de ressources pour ses habitants ainsi que pour ceux qu'il a séduits.

C'est un défi intéressant pour les deux secteurs de l'environnement et le tourisme.




Sous l'aimable autorisation de Rachid SIDI BOUMEDINE
EXPERT à l'UEP 
E.Mail : rsidiboumedine@yahoo.fr

 

 

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